Lecture

Eric-Emmanuel Schmitt, « La Part de l’Autre » : Et si…

7 juillet 2015
part autre schmitt

« La Part de l’autre » n’est pas un roman sorti récemment. Ce n’est pas non plus le type de livre qui m’aurait attirée. Hitler, la guerre, le nazisme… Des sujets qui me font penser au baccalauréat et de plus pas très joyeux pour se divertir. Et pourtant, c’est un véritable coup de coeur littéraire qui m’a foudroyée en ce début d’été.

Sous les recommandations de mon père, je me suis donc plongée dans cette histoire étrange : l’histoire de ce qu’aurait pu devenir Hitler s’il avait réussi son concours à l’école des beaux-arts de Vienne.

8 octobre 1908 : Adolf Hitler est recalé. Que se serait-il passé si l’École des beaux-arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d’artiste ? Cette minute-là aurait changé le cours d’une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde… »

Ainsi s’alterne l’histoire du Hitler que l’on connait avec celle de l’Hitler fictif. On découvre alors l’homme dans tous ses états. On le voit triste, en colère, heureux, fier… Des émotions qui humanisent le personnage que nous connaissons tous. J’avoue avoir été un peu dérangée parfois… Je n’avais par exemple jamais imaginé le dictateur lors de ses ébats sexuels !

Mais ce que j’ai vraiment aimé, c’est le dernier chapitre. Celui où Eric-Emmanuel Schmitt nous parle directement et nous raconte comment il a vécu l’écriture de ce livre. Il nous explique par exemple qu’une partie de son entourage a essayé de le dissuader de rédiger ce roman sur Hitler. Peut-on essayer de comprendre les actes de cette personne que l’on considère aujourd’hui comme le Hitler ? Faut-il humaniser le personnage, lui donner des émotions ?

C’est sur ce point que l’auteur veut nous pousser à réfléchir. J’ai compris à travers « La part de l’autre » que désigner le mal comme quelque chose d’extérieur à nous n’était pas une bonne chose. Chacun d’entre nous contient une part d’ombre, de la haine. L’important est d’en être conscient, ne pas exclure le fait que l’homme est encore capable de choses monstrueuses. Même si Hitler n’est plus parmi nous.

 » La part de l’autre » d’E-E Schmitt restera donc dans un coin de ma tête. Et si le sujet vous intéresse, je vous conseille également le film « La Vague ». Je trouve que ce film se rapproche du roman car il s’agit de se rappeler ce que l’Homme est capable de faire et de rester vigilant pour ne pas reproduire ces atrocités.

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4 commentaires

  • Reply Clem.C 8 juillet 2015 at 9 h 05 min

    Ce que je vais dire est peut être horrible à dire, mais j’aime bien Hitler. Je ne cautionne pas ce qu’il a fait, jamais. Il a fait trop de mal à ma famille mais aussi au monde. Mais je ne l’ai jamais vu comme un monstre. Je l’ai toujours vu avec justement un trop plein d’émotion et de déception. Je l’ai toujours vu humain en fait. Humain et quelconque. Beaucoup de personne aurait au final pu faire ce qu’il a fait. Certains le font encore avec des conséquence beaucoup moins lourde. Prenons Steve Jobs, je passerais sur ce que je pense des produits, par contre, ce mec, question oratoire, un génie, il aurais pu vendre à des millions de personnes une pomme dans la quelle il aurais croqué. Pleins de personnes utilisent le stikers à la pomme en déco, sur leur voiture, achètent un Iphone, persuadés d’être in et dans le groupe, alors que ce n’est pas forcément le meilleurs téléphone, et j’en passe. S.Jobs est parti de rien et a eu le même parcours qu’Hitler. Et il y en a d’autre, hein, j’ai pris un exemple connu de tous.
    La ou diffère Hitler, c’est ses mauvaises rencontres, ses déceptions coup sur coup, et la fragilité du personnage, trop pleins d’émotion en fait… qui l’ont fait « dérailler » (le mot est très faible).

    Après, il ne faut pas oublié un truc, Hitler n’était pas seul dans la bataille. L’atrocité dont il est la source n’aurais pas eu lieu si d’autres personnes n’avais pas eu cet aveuglement de haine. Je pense que si je gueule haut et fort dans la rue « virons les ROM, virons les musulmans! », j’aurais gain de cause. Car beaucoup ont peur, beaucoup ont en marre, et c’est facile de suivre et de ne pas prendre les coups. Ils feront la même bêtise, pour eux leur malheur est forcément due à quelqu’un mais pas à eux… C’est humain…
    Tout ça pour dire, que pour moi, Hitler est certe un monstre d’avoir pu imaginer ça, mais c’est avant tout un homme, avec des émotions, et pour moi, un trop plein d’émotions. Je ne l’ai jamais vu comme quelqu’un de froid et de sans émotions.

    J’arrête mon roman, et tu peux être sûre que je vais lire ce livre!
    Bisous!

  • Reply doublerose 13 juillet 2015 at 9 h 35 min

    Voila un livre que j’ai envie de lire depuis un moment. Justement parce qu’il replace l’homme au milieu de l’histoire. C’est facile de parler de monstres, de se dire que ces personnes étaient « à part ». Mais se rappeler que ces atrocités ont été perpétrées par des hommes et des femmes, c’est devoir se rappeler qu’on n’est malheureusement pas dans le monde des bisounours. ça oblige aussi à être plus attentifs.
    je garde la référence…

  • Reply Océane 5 septembre 2016 at 9 h 47 min

    J’ai lu ce livre et j’ai vraiment adoré!! J’adore les livres d’EE Schmitt à la base! Tu as lu « la dame en rose »? C’est surement le plus connu et c’est celui qui m’a le plus marquée!

    En tout cas, j’ai aussi adoré le dernier chapitre. Je pense que ce fut très intense pour lui d’écrire « la part de l’autre » car lire autant de livres sur un sujet aussi sombre et réel, ça ne devait pas être facile…

    Livre au top que je conseillerai aussi à tout le monde :)

    • Bérénice
      Reply Bérénice 6 septembre 2016 at 8 h 46 min

      Nonnnn je connais pa la dame en rose !! Il faut que je l’ajoute à ma liste, ça m’intéresse vraiment !

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