Bien-être

Peut-on avoir peur de réussir ?

13 décembre 2016
peur de réussir

On parle souvent de la peur de l’échec et des solutions pour la surmonter, mais est-ce que tu as déjà pensé que tu pourrais avoir peur de la réussite ? En tout cas moi, c’est la question que je me suis posée.

Se demander si on peut avoir peur de réussir peut paraître étrange voire « prétentieux ». Comme si on imaginait que l’on était capable de tout mais que l’on ne voulait juste pas passer à l’action. Cette peur paraît moins rationnelle que d’autres puisque nous cherchons tous la réussite, c’est d’ailleurs l’un des vœux que nous faisons à nos proches à la nouvelle année.

Dire « J’ai peur de réussir » peut sembler arrogant. Je ne sais pas ce que tu en penses mais avant de me questionner sur la question, je pense que j’aurais ri au nez de qui aurait osé prononcé cette affirmation ! On imagine alors que la personne avouant cette peur se sent capable de mieux faire que les autres et donne ce prétexte pour ne pas retrousser ses manches… Mais en réalité c’est complètement faux. Et je vais t’expliquer pourquoi on peut avoir peur de réussir et quelles sont les axes sur lesquels il faut travailler pour la surmonter.

Pourquoi aurait-on peur de réussir ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la peur de réussir n’est pas opposée à la peur de l’échec. Ce n’est pas parce que tu as peur de l’échec que tu n’auras pas peur de la réussite. On reconnaît quelqu’un qui ne veut pas échouer quand il dit « Je voudrais le faire mais je ne le fais pas parce que ça ne marchera peut-être pas ». Une personne qui a peur de réussir dira « Je le fais mais c’est compliqué ». Et on se donne des tas de raisons de ne pas y arriver : parce que je n’ai pas ça dans le sang, parce que je n’ai pas la légitimité, que je n’ai pas assez d’expérience, qu’on m’a dit que je n’y arriverai pas… Ce sont ces mêmes raisons qui poussent à ne pas essayer et bizarrement, elles reviennent quand même une fois que l’on s’est jeté à l’eau.

Alors pourquoi est-ce qu’on se laisse entraîner par tous ces prétextes ? Pourquoi se trouve-t-on des excuses ?

Quand on choisit de se lancer dans quelque chose, on choisit de sortir de sa zone de confort. Parce qu’on va changer ses habitudes ou que l’on va faire quelque chose que la majorité des gens ne font pas. Mais si tu es déjà passé par là, tu vas peut-être constater que ça ne suffit pas. Parce qu’il faudra sortir une seconde fois de cette zone de confort.

Généralement, avoir peur de réussir est lié à la peur du changement. Parce que réussir, c’est accepter de changer de vie, de faire quelque chose de différent et peut être d’être perçu différemment par les nouvelles personnes que l’on va rencontrer. C’est aussi briser sa tranquillité, quitter ses habitudes pour l’inconnu, quitter une situation que l’on connaît, pour une autre que l’on ne connaît pas encore.

Mettre tout en œuvre pour réussir, c’est du temps et beaucoup d’énergie. Et c’est là que la peur de réussir devient plus forte que la peur de l’échec.

reussir

Un exemple

Je vais prendre un exemple que nous connaissons tous : passer un examen / une interro. On a eu le cours, puis le prof nous fait passer un test. A l’issus, on peut : soit réussir, soit échouer. Mais entre deux, il y a une multitude de réussites et d’échecs. Dans le cas où la moyenne de la classe est de 12, on ne se fera pas remarquer si on a plus de 8 et moins de 16. Je ne sais pas ce que tu en penses mais dans mes souvenirs c’est comme ça que ça se passait.

Il y avait alors une petite partie de la classe qui travaillait dur pour être dans le top, une petite partie qui se foutait royalement des cours et une bonne majorité qui tentait d’avoir la moyenne ou qui essayait de se rapprocher des meilleurs.

A l’époque on va dire que j’étais généralement un peu au-dessus de la moyenne. Je pouvais travailler plus dur pour essayer d’être dans le top mais je ne le faisais pas. Parce que je ne voulais pas passer pour une « intello » (à qui on va toujours demander plein de trucs et qu’on va jalouser) et parce que je n’étais pas certaine qu’en y mettant plus d’énergie j’y arriverais. Peut-être que tu as déjà ressenti ça ?

Eh bien c’est là que nous nous auto-sabotons.

Nous ne donnons pas le meilleur de nous même parce que nous ne voulons pas sortir du lot.

Bizarrement, on a envie d’avoir son bac, on rêve de décrocher une mention mais on n’agit pas dans ce sens.

Peut-être espère-t-on tomber sur un prof sympa qui nous notera un peu mieux ? Ou bien peut-être qu’avec un peu de chance, c’est LE sujet que l’on maitrise le mieux qui sortira ? Il y a toujours des gens qui s’en sortent bien et nous disent après coup « Pourtant j’avais rien révisé ! », ça nous arrivera peut-être aussi ?

Et plus tard c’est la même chose…

On n’ose pas se donner à 100% dans ce que l’on fait parce qu’on n’a peur de faire mieux que la moyenne, de se faire remarquer…

Autrement dit, on ne se donne que rarement les moyens d’aller au bout de ses rêves. On essaie un peu mais on ne va pas au bout de ses actions.

Bref, on s’est créé une barrière psychologique qui nous empêche d’avancer.

peur

Et si on essayait de casser ces barrières invisibles ?

Comme je l’écrivais précédemment, il faut arrêter de voir le succès et l’échec comme les 2 seules issues. Il y a plusieurs degrés d’échecs et plusieurs degrés de succès et surtout : on a jamais qu’une seule chance. Ce n’est pas comme le bac ou un concours, on ne met pas sa vie en jeu quand on prend une décision. Nos projets, nos rêves sont une série de petits échecs qui nous portent vers plus de réussites.

C’est l’accumulation d’expérience, de choses différentes qui nous enrichissent et nous rendent heureux.

Pour passer à l’action, j’ai aujourd’hui trouvé 3 axes :

  1. Prendre conscience des moments où l’on a eu peur de réussir : Je prenais tout à l’heure l’exemple d’un examen mais il y a d’autres moments où tu t’es peut-être auto-saboté, où tu n’as pas donné le meilleur de toi même alors que tu avais vraiment envie d’y arriver. Notes en au moins 5 sur une page blanche. Prendre conscience d’une peur c’est déjà la vaincre à moitié.
  2. Arrêter de procrastiner : Remettre les choses au lendemain peut paraître anodin mais cette habitude montre que l’on n’est pas prêt à agir pour de bon et à se donner les moyens.
  3. La visualisation : On en parle beaucoup aux USA dans le milieu du sport et encore peu en France (mais ça arrive : ) !). La visualisation c’est l’Art de s’imaginer réussir afin de mieux anticiper le futur et booster ses performances.

 

Et toi, est-ce qu’avoir peur de la réussite te paraît ridicule ? Est-ce que tu t’es déjà mise des barrières psychologiques qui t’empêchent de réussir ?

 

Photo : Bérénice Mayoti – Images de mon voyage en Thaïlande + Vietnam (2013)

Vous pourriez aussi aimer...

15 commentaires

  • Reply Daphné @ Be Frenchie 13 décembre 2016 at 16 h 27 min

    J’aime la manière dont tu fais un pas de côté pour analyser les choses différement. Et puis, parfois inconsciemment, nos proches ont aussi peur de nos potentielles réussites, qui modifieront les équilibres incrits.

    Avant d’affronter une situation, je me prépare souvent en imaginant les scénariis possibles et en visualisant comment les choses vont se passer. Ca m’aide à être plus à l’aise le moment venu.

    • Bérénice
      Reply Bérénice 14 décembre 2016 at 13 h 22 min

      Merci Daphné ! Il est vrai que parfois nos proches peuvent aussi nous freiner parce qu’ils ont peur pour nous ! Moi aussi j’imagine toujours pleins de scénariis mais parfois cela me dessert plus qu’autre chose… J’ai tendance à me poser trop de questions :)

  • Reply Julie 13 décembre 2016 at 17 h 09 min

    Merci pour ce super article qui fait réfléchir…

    • Bérénice
      Reply Bérénice 14 décembre 2016 at 13 h 23 min

      Contente que tu aies apprécié Julie :)

  • Reply Océane 13 décembre 2016 at 18 h 42 min

    Oui, on peut avoir peur de réussir !
    J’ai réalisé il y a peu que cela m’arrivait -inconsciemment. Je suis une personne anxieuse, je m’attends à ce que les choses n’aillent pas. Comme tu dis, les moments ou je me suis auto-sabotée sont très nombreux. A partir du moment ou tu t’en rends compte, tu peux déjà t’améliorer. Essayer d’aborder les choses autrement. C’est un long travail, mais cela ne peut être que bénéfique ^^
    Ravie de voir que je ne suis pas la seule à penser cela !

    • Bérénice
      Reply Bérénice 14 décembre 2016 at 13 h 24 min

      Oui c’est exactement ça ! A partir du moment où on s’en rend compte on a déjà fait un grand pas :D

  • Reply kathou 14 décembre 2016 at 1 h 01 min

    Je me sens tout à fait concernée par ton article. J’ai déjà vécu plusieurs fois cette expérience. Parfois même il se trouve que ce sont d’autres personnes qui te mettent en valeur ou qui nomment une réussite que tu n’avais même pas vu et là il m’est arrivée de sentir autour de moi des jalousies, ça m’a fait peur ! Je ne voulais pas me mettre au dessus des autres et encore moins perdre des amis. Ces expériences m’ont amené à avoir peur des réussites. Un peu comme si réussir était s’éloigner voir même abandonner les autres… Je crois qu’il y a aussi un lien avec le milieu dans lequel nous avons grandit et ce que nous avons imprimé des réussites et des échecs…Et il est vrai aussi comme tu le dis que ce n’est ni tout blanc, ni tout noir. J’ai un autre truc en plus de ceux que tu proposes, c’est de remercier au fond de nous très fort quand nous vivons une réussite…Offrons-nous cette gratitude envers nous même. Cela nous permet de graver et d’accumuler des expériences positives qui nous aident par la suite à mieux vivre les moments plus dur d’échec. Merci pour ce sujet passionnant.

    • Bérénice
      Reply Bérénice 14 décembre 2016 at 13 h 25 min

      La gratitude… Un grand sujet :D ! Merci pour ce conseil que tu nous offres !

  • Reply Margaux Lifestyle 14 décembre 2016 at 8 h 47 min

    Très bel article qui me fait beaucoup réfléchir, surtout en ce moment où je suis à un tournant dans ma vie pro ;-)

    • Bérénice
      Reply Bérénice 14 décembre 2016 at 13 h 27 min

      Oui !! Je te souhaite plein de courage pour cette nouvelle étape Margaux, je suis sûre que tu vas arriver au bout de tes rêves quel qu’ils soient :) !

      • Reply Margaux Lifestyle 29 décembre 2016 at 8 h 06 min

        Merci !! Les choses commencent à se concrétiser, j’y vais étape par étape… Je connais pas encore quel sera mon chemin jusqu’à mon objectif final, qu’est l’auto-entrepreneuriat. Passe de bonnes fêtes !

  • Reply Garance 14 décembre 2016 at 16 h 55 min

    Je pense aussi qu’on peut avoir une autre raison d’avoir peur de réussir. On peut avoir peur des conséquences de sa réussite. J’ai 26 ans, bientôt 27 et je suis toujours aux études. Dans 6 mois, je serai enfin diplômée après un parcours chaotique et ça me terrorise. Entrer sur le marché du travail me fait peur, j’ai peur d’être nulle, de devoir enfin « me prendre en main » entièrement, sans profs pour me dire « fait-ci, fait ça… ». Pourtant, je suis impatiente, la plupart de mes amis travaillent et j’ai hâte d’être indépendante et de gagner ma vie. Mais j’ai peur de ne pas y arriver.
    J’ai le même problème pour un voyage que je voudrais faire pour fêter mon diplôme. Ce voyage, je le veux depuis des années mais si j’arrive à l’organiser, j’ai peur de ce qui va se passer là-bas, est-ce que ça va aller d’être là-bas toute seule, est-ce que je vais avoir assez d’argent…
    Bref, l’avenir me fait peur et j’ai parfois tendance à m’autosaboter à cause de ça. Mais depuis que j’en ai pris conscience, j’essaie d’y travailler et de sortir de ma zone de confort :)

  • Reply La Minute d'Emy 17 décembre 2016 at 19 h 40 min

    Je me mettais des barrières toute seule mais j’ai travaillé sur cet aspect négatif de ma personnalité et ça va bien mieux !

  • Reply Elize 16 janvier 2017 at 12 h 58 min

    Lutter contre ses propres barrières c’est surement le plus difficile effectivement. Oser simplement n’est pas facile.

  • Reply Cyndi 3 mars 2017 at 20 h 57 min

    Je comprends et partage ton avis concernant la peur de réussir. Personnellement, la réussite ne me fait pas peur. J’aime relever des défis et me dépasser. Néanmoins, j’appréhende parfois le changement. À mon niveau, c’est la seule barrière psychologique que je me suis déjà mise.

  • Répondre